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Giacomo Girolamo CASANOVA, chevalier de Seingalt (1725-1798)

 

 

“...J’ai reçu aujourd’hui la nouvelle que le bestial Mirabeau, chef des rebelles assassins qui ont détrôné le roi très chrétien est mort des blessures reçues en duel…“

 

 

Rare lettre autographe signée “Giacomo Casanova“ adressée à son mécène le comte Antonio Ottaviano de Collalto (1719 – 1793), noble italien et officier militaire.

Dux (Bohême), 11 janvier 1790.

3 pages in-4 à l’encre noire.

 

Très intéressante lettre de Giacomo Casanova contenant notamment une diatribe dirigée contre Mirabeau.

 

Il commence sa lettre en félicitant Collalto pour l’élection de son fils Odoardo, pour parler ensuite du Prince Ruspoli avec qui il souhaite s’entretenir et continue avec :

 

« …J’ai reçu aujourd’hui la nouvelle que le bestial Mirabeau, chef des rebelles assassins qui ont détrôné le roi très chrétien est mort des blessures reçues en duel. Cette mort m’afflige parce que j’avais l’espoir de le rencontrer quelque part et de le voir mourir de ma main. C’est un écrivain infâme qui a déshonoré des têtes couronnées et des écrivains fameux… »

 

En 1785, Casanova accepte la proposition du comte de Waldstein de devenir bibliothécaire du château de Dux, en Bohème, en République Tchèque il y resta jusqu’à sa mort en 1798.

Ces dernières années furent assez pénibles pour Casanova mais c’est à ce moment et en cet endroit que l'aventurier et séducteur insatiable écrivit ses Mémoires qui firent sa gloire posthume.

Accablé par un ennui insupportable, Casanova ne cesse d’écrire mais échoue notamment à trouver plus de 156 souscripteurs pour faire éditer son Isocameron, voyage imaginaire au centre de la terre. Il continua d'entretenir une vaste correspondance, sollicitant ces anciens mentors, comme le comte de Collalto.

 

“Mon Excellence et très vénéré patron,

 

Dux, le 11 janvier 1790

 

 

Très gentille, comme toutes les autres lettres, est la lettre de votre excellence que je reçois en ce moment, et je suis reconnaissant pour les nouvelles que vous me donnez, mais spécialement intéressante m’a paru celle de l’élection comme conseiller de son excellence le comte Odoardo (1) votre très digne fils, élection qui assure au fameux sénat, un membre aussi noble que sage.

Votre excellence songe à se maintenir sain, et heureux pour être pendant de très longues années témoin de la gloire de sa très ancienne et princière maison.

 

Est-ce possible, très cher Seigneur, que le très aimable Prince Ruspoli se souvienne de moi (6) ? Je n’ai jamais oublié que dans l’année 1774 j’ai bénéficié de son aimable et adorable compagnie et je me souviens que j’ai vu très clairement dans sa jolie physionomie les signes de son heureux destin et de toutes les bonnes choses qu’il aura dans sa longue vie.

Je vous supplie de me mettre à nouveau à ses pieds, et de lui dire que si je meure avant de le voir au moins une autre fois, je vais mourir malheureux. J’espère que son épouse la princesse (2) puisse lui donner un petit prince né à Vienne qui puisse briller à Rome à l’âge mûr, où il aura le surnom de prince allemand, à condition qu’il ne prenne pas de penchants allemands, compte tenu que Bacchus et Mars n’ont jamais été mes divinités favorites.

J’ai reçu aujourd’hui la nouvelle que le bestial Mirabeau, chef des rebelles assassins qui ont détrôné le roi très chrétien est mort des blessures reçues en duel. Cette mort m’afflige parce que j’avais l’espoir de le rencontrer quelque part et de le voir mourir de ma main. C’est un écrivain infâme qui a déshonoré des têtes couronnées et des écrivains fameux, parmi lesquels notre illustre abbé Boskovitch, qu’il traite d’ignorant (3).

D’autre part cela m’a vraiment peiné la mort de ce pauvre Lorenzo, qui est un homme bon. Je lui devais plus de 300 florins, dont je n’ai payé que 200 au banquier Thurn (4) ici à Prague. Je devais lui payer le restant cette année et je le paierai à ceux qu’il aura pu nommer dans son testament.

Je désire que sa Majesté l’Empereur et Roi puisse reprendre la santé perdue (5) et qu’il puisse en jouir longtemps sans avoir d’autres problèmes de santé, en se faisant aimer par ses fidèles sujets, en mûrissant ses conseils, et en écoutant ceux des gens sages qui abondent dans sa cour.

Même ici l’hiver est tranquille et comme tel il me plait. Mais ces Bohêmes se plaignent en disant qu’il est malsain et qu’il ne promet pas une bonne récolte.

Toujours désireux et insatiable de votre grâce très appréciée, je me dis avec le plus obséquieux respect, de votre excellence,

Le très humble, très dévoué, très obligé serviteur,

 

Giacomo Casanova“

 

Une fiche plus détaillée est disponible sur demande

Giacomo Girolamo CASANOVA, chevalier de Seingalt (1725-1798)

25 000,00 €Prix

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